
Avant toute chose, un point essentiel : les conditions d’accès au massif peuvent changer d’un jour à l’autre, surtout en période de risque incendie. Avant de partir, consultez le site officiel barragedebimont.com ou les informations de la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Un géant de béton au cœur de la montagne cézannienne
Imaginez la silhouette blanche et minérale de la Sainte‑Victoire, rendue célèbre par les toiles de Cézanne. À ses pieds, une muraille de béton clair barre la vallée de l’Infernet, formant un lac d’un bleu profond. La rencontre est saisissante : d’un côté, les arêtes calcaires modelées par le mistral, de l’autre, la masse lisse d’un ouvrage où la main de l’homme a dompté l’eau.
C’est sur la commune de Saint‑Marc‑Jaumegarde, à quelques kilomètres à l’est d’Aix‑en‑Provence, que se dresse cette voûte de 87,5 mètres de haut. Le barrage de Bimont n’est pas une simple curiosité technique. Il constitue un maillon central de l’approvisionnement en eau d’une vaste partie de la Provence : près d’un tiers des besoins de l’agglomération aixoise et de Marseille en dépendent. Plus de deux millions d’habitants, sans le savoir, boivent chaque jour une eau passée par ce réservoir.
Le site s’inscrit dans le périmètre du Grand Site de France Sainte‑Victoire, un territoire protégé où cohabitent patrimoine naturel, mémoire artistique et aménagements hydrauliques. Au lever du jour, quand le soleil rase encore la crête, le lac frémit doucement sous la brise. On entend le clapotis, un oiseau qui s’envole, et, au loin, le murmure continu de l’eau qui s’échappe vers les canalisations enterrées. Le contraste entre la minéralité brute du paysage et l’éclat lisse du béton donne au lieu une atmosphère particulière, presque irréelle.
De la construction aux chantiers de rénovation : les dates qui comptent
Le barrage de Bimont est mis en chantier en 1946 sous la direction de l’ingénieur Joseph Rigaud. Les travaux, en partie financés par le Plan Marshall, mobilisent des savoir‑faire français et des matériaux locaux. L’ouvrage est achevé en 1952 : une voûte élancée en béton, d’une longueur de crête de 180 mètres, capable de retenir jusqu’à 23 millions de mètres cubes d’eau.
Dès le début, sa fonction est double : sécuriser l’irrigation des terres agricoles de la région aixoise et garantir l’alimentation en eau potable des villes. Il s’intègre dans le vaste réseau du Canal de Provence, colonne vertébrale hydraulique qui relie les Alpes à la Méditerranée.
À partir des années 2010, des inspections révèlent des signes inquiétants de dégradation du béton. Des fissures capillaires et des zones de faiblesse laissent craindre, à long terme, un risque de rupture. L’enjeu est colossal : céder, ce serait libérer des millions de mètres cubes d’eau sur les quartiers situés en contrebas. Une campagne de rénovation majeure est donc lancée entre 2016 et 2019. Les travaux consistent à injecter des résines spéciales dans les fissures, à renforcer la paroi amont et à doter le barrage de nouveaux instruments de surveillance parasismique. Une cure de jouvence complète, menée sans jamais vider totalement la retenue pour ne pas priver la région d’eau.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Hauteur | 87,5 mètres |
| Type | Barrage‑voûte en béton |
| Volume de retenue | Environ 23 millions de m³ |
| Date de construction | 1946‑1952 |
| Rôle principal | Alimentation en eau potable et irrigation |
Comment le barrage est‑il alimenté ? Un système hydraulique à ciel ouvert
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Bimont ne vit pas uniquement des pluies qui tombent sur la Sainte‑Victoire. Son réservoir est rempli à 90 % par les eaux du Verdon, détournées via la galerie souterraine de la Campane, un tunnel de plusieurs kilomètres. Le Canal de Provence, géré par la Société du Canal de Provence, prélève également de l’eau dans la Durance en amont, au niveau du barrage de Serre‑Ponçon, pour équilibrer le réseau.

De la prise de Boutre jusqu’au pied de Bimont, l’eau parcourt ainsi plus de cent kilomètres, poussée par la seule gravité, avant de se déverser dans le lac.
Baignade, pique‑nique et activités nautiques : ce qui est permis et ce qui ne l’est pas

Répondons tout de suite à la question qui revient chaque été : non, la baignade est formellement interdite dans le lac de Bimont. Deux raisons principales l’expliquent. La première, c’est la sécurité publique : un barrage‑voûte est un ouvrage hydraulique complexe, avec des courants, des variations brusques de niveau et des dispositifs de pompage immergés qui présentent un danger mortel pour les nageurs. La seconde est sanitaire : la retenue constitue une réserve d’eau potable pour des centaines de milliers de foyers, et toute contamination microbiologique aurait des conséquences graves.
Faire le tour du lac, longer le barrage : les itinéraires à privilégier

La promesse d’un tour complet du lac fait rêver les randonneurs. Dans les faits, un sentier balisé permet de contourner partiellement la retenue, mais la propriété privée et la proximité immédiate de l’ouvrage hydraulique empêchent de réaliser une boucle intégrale le long des berges. Ne vous attendez donc pas à un chemin plat et facile de plusieurs kilomètres.
L’intérêt est ailleurs : marcher sur les traces de Cézanne, respirer l’odeur du thym et du romarin, et déboucher soudain sur une trouée lumineuse qui révèle d’un coup l’immensité de la retenue. Les itinéraires depuis les hauteurs offrent des vues spectaculaires sur le barrage et le lac.
Circuits recommandés
Avant de chausser vos bottines, vérifiez les conditions d’accès au massif (risque incendie en été) et munissez‑vous d’une carte IGN au 1/25 000.
- Boucle familiale autour du lac (partielle)
- Accès : depuis le parking principal (point de départ à confirmer sur place).
- Distance : environ 4 km pour la partie praticable.
- Dénivelé : 80 m.
- Durée : 1h30 à 2h.
- Intérêt : sentier ombragé, accessible aux enfants, vues dégagées sur le barrage tous les 500 mètres.
- Montée jusqu’au couronnement du barrage
- Accès : suivre la piste forestière qui part du parking principal.
- Distance : 2 km aller‑retour.
- Dénivelé : 100 m (montée courte mais soutenue dans le dernier tronçon).
- Durée : 45 minutes à 1h.
- Intérêt : panorama plongeant sur le lac et la Sainte‑Victoire, vue imprenable sur la voûte en béton.
- Liaison vers le barrage Zola
- Accès : sentier balisé GR de Pays reliant les deux ouvrages.
- Distance : 12 km aller‑retour.
- Dénivelé : 450 m de dénivelé cumulé positif.
- Durée : 4h à 5h.
- Intérêt : boucle sportive reliant deux géants hydrauliques du pays d’Aix, en passant par des sous‑bois et des crêtes calcaires.
Se garer, trouver le sentier : la carte pratique avant de partir
L’accès au site s’effectue par la route départementale D10, depuis Aix‑en‑Provence ou depuis Puyloubier. Comptez une vingtaine de minutes en voiture depuis le centre‑ville d’Aix. Une fois arrivé, le parking de Saint‑Marc‑Jaumegarde (situé à proximité du hameau des Bonfillons) constitue le point de départ le plus pratique. Il est accessible aux voitures et, dans une certaine mesure, aux camping‑cars.
Depuis ce parking, les chemins sont exclusivement réservés aux piétons et aux vélos. Aucune circulation motorisée n’est autorisée sur les sentiers. En été, renseignez‑vous impérativement sur les restrictions d’accès aux massifs forestiers des Bouches‑du‑Rhône : en cas de risque incendie élevé, l’accès peut être limité ou interdit de 11h à 6h le lendemain matin.
Principaux points de départ
- Parking de Saint‑Marc‑Jaumegarde : départ principal, accès direct au sentier du tour du lac et au couronnement du barrage.
- Parking des Bonfillons : alternative proche, souvent moins fréquentée.
- Accès nord par Le Tholonet : itinéraire pittoresque qui longe les pinèdes cézanniennes avant de descendre vers le lac (réservé aux bons marcheurs).
Vos questions les plus fréquentes sur le barrage de Bimont
Où se trouve le barrage de Bimont ?
Le barrage de Bimont se situe sur la commune de Saint‑Marc‑Jaumegarde, à environ 10 kilomètres à l’est d’Aix‑en‑Provence, au pied du versant nord de la montagne Sainte‑Victoire. Il fait partie du Grand Site de France Sainte‑Victoire.
Peut‑on se baigner au barrage de Bimont ?
Non, la baignade y est strictement interdite. La retenue sert de réserve d’eau potable pour Aix et Marseille, et les risques liés aux dispositifs hydrauliques immergés rendent toute immersion extrêmement dangereuse.
Peut‑on faire le tour du lac de Bimont ?
Non, un tour complet est impossible en l’état. Un sentier permet de longer une partie des berges, mais la propriété privée et la proximité de l’ouvrage hydraulique empêchent de réaliser une boucle intégrale autour de la retenue.
Comment le barrage de Bimont est‑il alimenté ?
Il est alimenté à 90 % par l’eau du Verdon, captée en amont via la galerie souterraine de la Campane. Le Canal de Provence prélève aussi de l’eau dans la Durance pour compléter le réseau qui dessert le lac.
Quelle est la hauteur du barrage de Bimont ?
Le barrage de Bimont culmine à 87,5 mètres de hauteur. Construit entre 1946 et 1952, cet ouvrage de type voûte en béton mesure 180 mètres de long et peut retenir jusqu’à 23 millions de mètres cubes d’eau.
Comment accéder au barrage de Bimont ?
Depuis Aix‑en‑Provence, prenez la D10 en direction de Puyloubier. Le parking principal se trouve à Saint‑Marc‑Jaumegarde. Aucun véhicule motorisé n’est admis sur les sentiers ; l’accès au site est réservé aux piétons et aux vélos.
Quelles sont les meilleures randonnées autour du barrage de Bimont ?
Trois itinéraires principaux s’offrent aux marcheurs : une boucle familiale partielle autour du lac, la montée jusqu’au couronnement du barrage avec panorama sur la Sainte‑Victoire, et une liaison sportive vers le barrage Zola via le GR de Pays Sainte‑Victoire.
Le barrage de Bimont est‑il ouvert aujourd’hui ?
Les conditions d’accès changent selon les arrêtés préfectoraux liés au risque incendie. Pour savoir si le site est ouvert le jour même, consultez le site officiel barragedebimont.com ou les canaux d’information de la préfecture des Bouches‑du‑Rhône.
Pourquoi le barrage de Bimont a‑t‑il dû être rénové ?
Des fissures et des zones de faiblesse, causées par le vieillissement du béton et les contraintes sismiques, ont nécessité une campagne de rénovation majeure entre 2016 et 2019. L’objectif était de prévenir tout risque de rupture et de garantir la sécurité publique.
